J’ai remarqué quelque chose, à force d’enseigner. Quand quelqu’un me dit « je n’ai jamais fait de yoga », ce n’est presque jamais suivi de « mais ça m’intrigue ». C’est suivi de « mais ». « Mais je ne suis pas souple. » « Mais j’ai un mauvais dos. » « Mais je ne sais pas méditer. »

Ces « mais » sont des barrages. Et la plupart sont construits sur des malentendus. Si vous lisez cet article, c’est probablement que l’idée du yoga vous travaille et que quelque chose vous freine encore. Voici les cinq freins les plus fréquents que je rencontre, et pourquoi ils ne tiennent pas debout.

1. « Il faut être souple pour faire du yoga »

C’est sans doute la phrase que j’entends le plus souvent. Elle me fait sourire à chaque fois, parce qu’elle revient à dire : « Je n’ose pas aller chez le coiffeur, mes cheveux sont trop emmêlés. »

On ne vient pas au yoga parce qu’on est souple. On le devient en pratiquant. La souplesse n’est pas un prérequis, c’est l’un des effets de la pratique régulière. Mes élèves les plus rigides au début sont souvent celles qui font les progrès les plus rapides… parce qu’il y a, justement, beaucoup de marge.

Et puis le yoga ne se résume pas à toucher ses orteils. Il y a la respiration, l’équilibre, la force, l’ancrage, la conscience du corps. La souplesse n’en est qu’un ingrédient parmi d’autres.

2. « Je suis trop stressé(e) pour méditer »

Belle confusion : on imagine qu’il faut être calme pour méditer. C’est exactement l’inverse. On médite parce qu’on est agité. Si l’esprit était déjà silencieux, il n’y aurait rien à pacifier.

Le yoga, et particulièrement les temps de méditation que je glisse dans mes cours, n’attend pas de vous que vous fassiez le vide. Il vous propose simplement un cadre, une respiration, un point d’attention — et vos pensées font ce qu’elles veulent. C’est normal qu’elles vagabondent. Le travail, c’est juste de revenir, doucement, sans se gronder.

Plus vous êtes fatigué(e), tendu(e), submergé(e) plus vous avez de bonnes raisons de poser un tapis. Pas l’inverse.

3. « J’ai mal au dos / aux genoux / aux épaules, je ne peux pas »

Le yoga adapté à votre corps n’aggravera pas vos douleurs ; il les soulagera très souvent. Mais l’inverse est vrai aussi : un cours mal calibré, fait dans une grande salle anonyme, peut faire plus de mal que de bien.

C’est pour ça que je travaille avec des groupes de 8 personnes maximum, et que je propose des cours individuels. Quand on a un genou fragile, un disque tassé, une épaule capricieuse, on a besoin que la prof voie cette épaule. Qu’elle propose une variante. Qu’elle ajuste.

Si vous avez un problème médical, parlez-en à votre médecin avant de commencer, et dites-le moi avant le premier cours. On adaptera. C’est précisément le rôle d’un bon professeur de yoga.

4. « Je suis trop vieux ou trop vieille »

Le yoga est l’une des très rares disciplines corporelles qui se pratique de 7 à 97 ans. Dans la tradition indienne, on dit qu’on commence à vraiment comprendre le yoga après 50 ans, quand le corps n’est plus dans la fougue de la jeunesse et qu’il a quelque chose à enseigner.

Pour les personnes seniors, le yoga doux et le Hatha lent que je propose sont d’excellents outils pour :

  • entretenir la mobilité articulaire ;
  • prévenir les chutes en travaillant l’équilibre ;
  • préserver la force musculaire ;
  • soulager les tensions chroniques ;
  • apaiser le sommeil.

L’âge n’est pas un obstacle. Il est même, parfois, le bon moment.

5. « Je ne saurai pas quoi faire »

C’est exactement pour ça qu’il y a un professeur. Mon rôle, c’est de vous guider, posture après posture, souffle après souffle, sans que vous ayez besoin de connaître quoi que ce soit avant d’arriver.

Vous n’avez pas besoin de savoir ce qu’est une « salutation au soleil ». Vous n’avez pas besoin de tenue spéciale (un legging et un t-shirt souple suffisent). Vous n’avez même pas besoin d’un tapis pour le premier cours — j’en ai pour vous.

Vous arrivez. Vous posez vos affaires. Vous vous allongez. Et on commence.

Et concrètement, on fait comment pour débuter ?

Si je devais résumer en trois étapes :

  1. Choisissez un yoga doux pour commencer. Évitez les cours type « Ashtanga avancé » ou « power yoga » pour votre première fois. Cherchez plutôt du Hatha doux, du Vinyasa lent ou du Yin.
  2. Cherchez un petit groupe. À 8 personnes, le prof vous voit. À 25, il anime un cours collectif sans pouvoir vous corriger. La différence est immense pour un débutant.
  3. Profitez des cours d’essai. Beaucoup de professeurs en proposent gratuitement. C’est le moyen le plus honnête de savoir si l’enseignant et le lieu vous correspondent.

Et si vous habitez dans le Médoc, autour de Hourtin ou de Lacanau, je vous offre justement votre premier cours gratuit. Aucun engagement. Vous venez, vous essayez, et vous voyez.

Le yoga, c’est avant tout une rencontre, entre vous et votre corps, entre vous et un enseignant, entre vous et un instant un peu suspendu. Le premier pas est le plus difficile. Une fois ce pas franchi, le reste se déroule presque tout seul.